Transport de marchandises en Bretagne : les cheminots prêchent pour leur paroisse !

Publié le par herve.rebillon@free.fr

Un débat sur le transport régional de marchandises était organisé vendredi dernier à Rennes par le comité d’établissement des cheminots de Bretagne. Élus, acteurs économiques et responsables administratifs y participaient. Il s'agissait pour les cheminots de défendre leur part sans pour autant remettre en cause le transport routier.


« Nous avons pris cette initiative à la suite du Grenelle de l’environnement », explique Serge Renault, président de la commission économique du CE des cheminots. « Il était temps que les cheminots prennent cette question à bras-le-corps, d’autant plus que se prépare le schéma régional multimodal des déplacements et des transports ». Naturellement, les cheminots ont prêché pour leur paroisse, le fret SNCF. « En tant que salariés d’une entreprise de transport, c’est normal que nous ayons envie de développer nos atouts », reconnaît Jean-Luc Peltier (chargé du transport de marchandises au CE). « Mais notre objectif est avant tout de prendre en compte l’intérêt général dans toutes ses dimensions, écologique, économique et sociale ».

Pas question pour les hommes du rail d’entrer en conflit frontal avec les hommes de la route. Leurs préconisations portent sur la complémentarité des modes de transport intrarégional, sur ce territoire où le chemin de fer est le grand oublié des chargeurs. « En Bretagne, 95 % du fret est transporté par la route alors que la moyenne française est de 75 % », souligne Jean-Luc Peltier en remarquant que la part des camions n’a cessé de se développer. « Au cours des quatre dernières années, on a mis deux millions de camions de plus sur les routes de France », constate-t-il en insistant sur l’impact écologique de cette tendance. Pour les cheminots, les décisions politiques qui suivront le Grenelle ne pourront éviter d’amorcer un rééquilibrage au profit du chemin de fer, le moyen de transport le moins polluant. Ils comptent que ces choix vont amorcer le retour du fret sur rail, dont le tonnage a diminué de moitié en trente ans. Ce retour sera facilité par la future LGV, « qui va permettre de dégager des sillons supplémentaires pour les trains de marchandise », analyse Jean-Luc Peltier.

Source : Le télégramme

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