Grève illimitée des routiers espagnols : 1ères répercussions sur l'économie du pays

Publié le par herve.rebillon@free.fr

Le bras de fer engagé par les routiers espagnols commencent à poser des problèmes d'approvisionnement. Une "grève illimitée" engagée par la deuxième organisation espagnole des patrons routiers, Fenadismer, a provoqué dans la journée des dizaines de kilomètres d'embouteillage et a fait sentir ses premiers effets dans les stations services, sur les marchés de gros et dans certaines usines du pays.


Les arrivages de produits frais ont pratiquement cessé à Mercamadrid, le plus important marché de gros espagnol ainsi qu'à celui de Barcelone (nord-est), la deuxième ville du pays. Les usines automobiles, notamment celle de Seat près de Barcelone, commencent également à souffrir de la grève alors que ce secteur fonctionne avec très peu de stocks de pièces détachées.

En Catalogne (nord-est), où 40% des stations services s'affichaient à court de carburant hier lundi, des mesures d'urgence ont été prises pour éviter des pénuries d'essence, avec des escortes policières autour des camions citernes pour décourager l'intervention de grévistes.

Il n'y a toutefois pas menace de pénurie générale d'essence en Espagne mais des problèmes "sporadiques", en particulier dans la région de Barcelone, a assuré à l'AFP, le secrétaire général de l'Association espagnole des vendeurs de carburants, Aevecar, Alejandro Moratilla.

Sur les routes, cette "grève illimitée" a entraîné, pour le deuxième jour consécutif, des dizaines de kilomètres d'embouteillage, en particulier à Madrid, Barcelone, Séville (sud) en raison d'opérations escargot.

Des barrages filtrants empêchent toujours la circulation des poids lourds aux deux principaux points de passage avec la France, en Catalogne au col du Perthus, et au Pays Basque à Biriatou.

La Fenadismer qui réclame l'instauration d'un tarif plancher pour le transport de marchandises et une réforme de la fiscalité des carburants pour les professionnels de la route, continuent de juger insuffisantes les mesures proposées par le gouvernement.

Le mouvement s'essouffle au Portugal

En revanche, le mouvement des transporteurs portugais, également entamé hier lundi, donne des signes d'essouflement. Les routiers du centre du pays ont décidé de reprendre la route alors que leurs collègues du nord et du sud poursuivent, eux, leur tentative de "paralysie" du pays. L'Association nationale des transporteurs de marchandises (ANTRAM) s'est démarquée de ce mouvement déclenché lundi par une majorité de ses adhérents et mène des négociations avec le gouvernement portugais avec l'espoir d'un accord "avant la fin de la semaine".

Les transporteurs portugais réclament un "gazole professionnel" avec des taxes abaissées, et un alignement des prix des carburants sur ceux, moins chers, pratiqués en Espagne.

 
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