Transport routier : l'UE ouvre plus encore le marché

L'heure n'est toutefois pas à une libéralisation totale chez les transporteurs routiers, encore assujettis à des normes sociales, salariales et fiscales extrêmement diverses. Bruxelles devra évaluer en 2013, dans un rapport, si les progrès accomplis dans l'harmonisation permettent de poursuivre l'ouverture des marchés.
Mais nombre de capitales --ainsi que le Parlement européen qui devra encore approuver le texte-- réclament une libre circulation des camions dans un avenir très proche.
Les ministres des Transports se penchaient vendredi sur "le cabotage", c'est-à-dire la possibilité pour un transporteur routier international de livrer des marchandises entre deux villes d'un pays qui n'est pas le sien. La règle arrêtée vendredi est simple. A la suite d'une livraison internationale de marchandises en Allemagne, un transporteur néerlandais sera autorisé à effectuer trois opérations de transport supplémentaires entre des villes européennes en l'espace de sept jours.
Il pourra s'agir de trois opérations entre des villes allemandes, ou encore de trois livraisons dans trois pays différents avant de rentrer dans son pays.
Actuellement, un transporteur non établi dans un Etat peut déjà y effectuer des services de livraisons, "à titre temporaire", une notion juridique floue. Chaque pays européen a son propre régime et certains multiplient les entraves administratives pour protéger leur marché intérieur. Sur le territoire français, par exemple, un même camion étranger ne peut travailler plus de 45 jours par an.
L'Autriche, la seule à avoir voté contre vendredi, n'est pas convaincue. En raison de sa position géographique elle craint d'être submergée par des transporteurs routiers étrangers ayant des coûts salariaux nettement moindres que les siens. "L'UE n'est pas une union de dumping social", a fustigé la secrétaire d'Etat autrichienne Christa Kranzl.