Quand l'automobile vante les mérites des EMS 25,25 !

Publié le par herve.rebillon@free.fr

Le Comité des constructeurs français d'automobile a publié en juin dernier un communiqué sur l'EMS, l'European Modular Systems.

Les systèmes modulaires européens tentent de répondre au défi de l’accroissement du transport de marchandises.

Dans un contexte d’internationalisation et d’accroissement des échanges commerciaux, l’optimisation du transport de marchandises revêt une importance majeure. La mobilité des biens représente l’épine dorsale d’une économie moderne et il n’a pas été trouvé de mode de transport plus efficace que la route pour répondre aux attentes des clients et consommateurs en termes de flexibilité, de sécurité et de délais de livraison (ce dernier point devenant crucial du fait du développement du commerce électronique), explique le club 25.25, qui rassemble la majorité des acteurs du transport routier et qui fait la promotion des « EMS 25,25 », poids lourds de grande longueur, depuis 2007. Ce club, qui cherche à obtenir des instances dirigeantes la mise en place d’essais grandeur nature de ces EMS (European Modular Systems), vient de publier son Livre blanc 2008.

Pour mémoire, la Commission européenne a lancé en juin 2007 un appel d’offres pour une étude visant à déterminer les modifications qu’il serait souhaitable d’apporter à la Directive 96/53/ EC sur les poids et dimensions des véhicules lourds, afin de déterminer leur capacité à répondre aux besoins de logistique avancée et de mobilité durable. Neuf groupements de sociétés et organismes ont présenté leurs projets et la Commission a finalement retenu celui réunissant le Setra, le laboratoire central des Ponts et Chaussées, l’université d’Aix-la-Chapelle, TML, TNO et RWTH. Le Parlement européen a adopté en séance plénière, le 5 septembre 2007, une résolution favorable à la révision des normes et dimensions des véhicules de transport. La Commission a enfin adopté, le 18 octobre 2007, un « Plan d’action sur la logistique du transport de marchandises », qui suggère une série d’actions visant à promouvoir la gestion du fret et du trafic, la qualité durable et l’efficacité, la simplification des processus administratifs, la révision des normes de chargement et l’examen, en vue d’une révision, de la directive 96/53/EC relative aux dimensions et aux poids des véhicules.

« Si le moment est peut-être opportun pour une révision de la législation européenne applicable, il faut cependant considérer les effets qu’une éventuelle modification des limites pourrait avoir sur la sécurité routière, l’efficacité énergétique, les émissions de CO2, les émissions polluantes, l’infrastructure routière et les opérations de transport intermodales, notamment le transport combiné. Il convient également de se demander s’il ne serait pas souhaitable d’adopter des critères plus stricts applicables aux véhicules, à leur équipement et aux conducteurs, ainsi que des restrictions concernant le choix de l’itinéraire. Afin de faciliter les transbordements d’un mode à l’autre et de tenir compte des évolutions technologiques, il y a lieu de modifier la proposition de directive relative aux unités de chargement intermodales, afin de renforcer la compétitivité du transport intermodal de marchandises », peut-on lire sur le site www.ems-france.org.


En Suède et en Finlande, les EMS circulent déjà depuis 1997 et représentent aujourd’hui 10 à 15 % du parc des poids lourds dans ces deux pays. TFK, l’institut suédois de recherche sur les transports, a publié l’an dernier une étude évaluant les conséquences de l’usage de ces véhicules en Suède et en Finlande. Il est arrivé à la conclusion que les EMS ont des effets positifs sur l’économie car ils améliorent les coûts d’exploitations, et sur l’environnement, puisqu’ils réduisent la consommation d’énergie en baissant le nombre de véhicules nécessaires pour transporter un même volume de marchandises.

En France, un Livre blanc sur les véhicules de 25,25 mètres de long a été remis au mois de mars au secrétaire d’Etat aux Transports. Le Carcoserco (Chambre syndicale nationale des carrossiers et constructeurs de semi-remorques et conteneurs) espère convaincre les pouvoirs publics d’autoriser, dans l’hexagone, une phase d’expérimentation des attelages de 25,25 mètres à huit essieux et 60 tonnes de PTRA, dits EMS, « Ecocombi », ou encore « Eurocombi ». Le Livre blanc essaie d’apporter une réponse au problème que posera, à terme, l’augmentation du transport routier de marchandises en Europe.

Le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Dominique Bussereau, ne veut pas d’une action isolée. C’est pourquoi notre comité de pilotage comprend toutes les composantes de la filière : la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR), l’Organisation des transports routiers européens (Otre), l’Association des utilisateurs de transport de fret (AUTF), l’Observatoire du véhicule industriel (OVI), Michelin et Renault Trucks. Ont en plus adhéré au projet l’Unostra, l’Union routière de France, l’ECR (efficient consumer response), une association de grands groupes de distribution et d’industrie, l’équipementier BPW, ainsi que DAF, MAN, Scania et Volvo Trucks », se félicite Jean-Claude Dutartre, président du Carcoserco.

Source : Comité des constructeurs français d'automobile
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article