Après la route, le Transport maritime également victime de la crise internationale ?
Le transport maritime victime du ralentissement de l'économie ? après le transport routier ? Constat ou question ? Nous parlerons plutôt de prévision. La conjoncture ajoutée à ses propres abus qui l'ont conduit à prendre commande d'une quantité impressionnante de nouveaux navires devant entrer en service d'ici à 2013, le transport maritime mondial de marchandises s'apprête à subir de grosses pertes financières. Un sans-précédent, à en croire les spécialistes.
Dans le vrac sec, c'est-à-dire le transport de minerai de fer, de charbon ou de céréales effectué par des navires vraquiers, le Baltic Dry Index, l'indice de référence, s'effondre depuis quatre mois. Il a ainsi été divisé par quatre, reculant à ses niveaux de 2005. Ce qui revient à dire que le revenu d'un armateur qui loue la capacité de transport de son vraquier sur le marché spot a, lui aussi, fondu des trois quarts.

Le transport de conteneurs court lui aussi au-devant d'une mer agitée, avec, selon les statistiques du courtier maritime Barry Rogliano Salles, 1.410 navires porte-conteneurs à livrer dans le monde d'ici à 2013, soit un tiers de la flotte actuellement en service. « Le convoi d'un conteneur de 40 pieds entre l'Asie et l'Europe ne se facture déjà plus que 350 à 400 dollars contre 1.400 dollars il y a un an alors que, sur les axes Asie-Europe et Asie-Amérique, on n'observe pour l'heure qu'un ralentissement de la progression des exportations chinoises et pas encore une baisse de ces exportations », témoigne Raymond Vidil, président de l'armateur marseillais Marfret et responsable de la section lignes régulières de l'organisation patronale Armateurs de France. Il ajoute : « A l'exception du prix - encore stable - demandé par un chantier naval pour construire un navire, les autres indicateurs s'infléchissent : louer un porte-conteneurs de 2.500 «boîtes» coûtait 25.000 dollars par jour en début d'année, 18.000 dollars aujourd'hui. Et depuis le début de l'été, on note une inflexion significative dans le prix d'un porte-conteneurs de deuxième main. »

Compte tenu, par ailleurs, de l'ampleur de la crise financière mondiale, les professionnels du transport maritime pourront-ils faire face ? A l'occasion, la semaine dernière à Athènes, d'une conférence sur le financement de la marine marchande, Sypros Polemis, président de la Chambre internationale des armateurs, ne cachait son scepticisme, déclarant : « Les armateurs grecs ont passé un grand nombre de commandes pour la construction de nouveaux bateaux ces dernières années et cette crise menace leur financement. » Il faut donc s'attendre à une vague d'annulations de commandes. Comme du déjà vu dans le secteur du transport routier !