Un convoi de 50 poids lourds s'invite dans la cour de la préfecture de La Réunion

Publié le par herve.rebillon@free.fr

La délégation de poids lourds qui s'était regroupée jeudi dernier devant la préfecture de la Réunion avait de quoi impressionner. Pas moins de 50 camions et engins de chantiers étaient venus des quatre coins de l'île pour rencontrer le préfet et lui faire part de la mauvaise santé de Transport routier.


Un cortège surprenant : des engins emmenés par des terrassiers et des transporteurs, des entrepreneurs des travaux publics qui se sont réunis en collectif dans le but de défendre eux-mêmes leurs intérêts face à la crise. Une pétition a recueilli près de 300 signatures. Les entrepreneurs ne peuvent plus faire face à leurs obligations financières. La fin des grands chantiers, le report de chantiers dans les municipalités fraîchement élues, le resserrement des crédits dans les banques paralysées par la crise financière et un carnet de commandes qui se réduit comme peau de chagrin représentent autant de tensions.

Par une motion, ils sont venus demander au préfet de geler leurs charges sociales et fiscales et une exonération totale au 4ème trimestre 2008. Ils souhaitent aussi le gel des remboursements de crédits d'engins et un report à la fin de la crise financière. Une délégation de 10 personnes a été reçue en milieu de matinée par le directeur de cabinet du préfet. Elle n'est ressortie que 4 heures plus tard ! "Le préfet a pris la mesure réelle de nos difficultés et va transmettre un courrier aux organismes sociaux et fiscaux leur demandant d'assouplir les procédures de recouvrement de créances", explique à la sortie Somaya Gangama, entrepreneur dans les travaux publics.

Le préfet a donc choisi de calmer le jeu en attendant la probable annonce de nouvelles mesures dans les jours à venir. La préfecture a convié en effet les organismes de crédits la semaine prochaine pour une table-ronde. La situation des chefs d'entreprises du transport et des travaux publics sera certainement évoquée. A demi-satisfait, le collectif attend désormais la réaction des administrations. Ils ont aussi sollicité une nouvelle réunion de travail avec le préfet.
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