Les routiers marocains souhaitent un "accord Shengen"
La poignée des entreprises du transport routier international (TIR) du Maroc ont tout à redouter de l'entrée en récession de plusieurs pays européens qui peut se répercuter sur les commandes de donneurs d'ordre du textile, ce secteur étant un des gros pourvoyeurs de business du fret routier à l'export. Selon les années, les exportations d'articles d'habillement peuvent représenter jusqu'à 40, voire 50% du trafic du TIR vers l'Europe.


Si la succession de mauvais chiffres économiques en Europe les préoccupe, c'est davantage la conclusion prochaine d'un nouvel accord portant sur le transport routier avec l'Espagne qui mobilise les professionnels. Pourquoi tant de focalisation sur l'Espagne? Parce que ce pays est stratégique dans les flux d'échanges par route avec l'Union européenne. La flotte espagnole est celle qui draine l'essentiel du trafic au départ du Maroc (90%) vers les grands centres de consommation sur le Vieux continent. A ce titre, le cadre juridique avec le voisin ibérique peut donc servir de rampe de lancement dans l'éventualité d'un futur accord avec l'Union européenne. C'est donc naturellement l'Espagne qui a le plus profité de la hausse du trafic à partir du Maroc, complètent les opérateurs marocains.
Ces derniers veulent mettre à profit la fenêtre du renouvellement de l'accord maroco-espagnol, mais aussi le statut avancé vis-à-vis de l'Europe pour «remettre tout à plat». Par le biais de l'Association marocaine des transporteurs routiers internationaux (Amtri), ils demandent une «refonte de la convention afin d'arriver à un accord plus équilibré». C'est ce message-là que l'Amtri et la Fédération du transport CGEM, reçues le mercredi 29 octobre au ministère marocain du Transport et de l'Equipement à Rabat, ont passé aux négociateurs marocains. Cette approche, soutiennent les professionnels, présente l'avantage d'ouvrir un vaste espace économique de 27 pays en obtenant un «visa Schengen» permettant l'accès à tout le marché unique. «Ce qui ouvrirait des perspectives de développement de la flotte marocaine», explique Abdelaziz Lahlou, président de l'Amtri.
Pour l'instant, la libre circulation n'est pas possible pour les routiers marocains. Pour livrer un client en Allemagne par exemple, un transporteur marocain doit obtenir l'autorisation de chaque pays de transit. Aux yeux de l'Amtri, il s'agit d'une protection déguisée. L'Association suggère que le pays de destinataire de la marchandise soit le seul à délivrer le laisser-passer reconnu par le reste des pays européens. Cette demande est pendante depuis la mise en place de l'espace unique des transports en Europe en 1996. A l'époque, la diplomatie marocaine l'avait déjà présentée à Bruxelles.
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