Volvo et Scania ont publié en fin de semaine dernière des résultats trimestriels inférieurs aux attentes. La forte baisse des nouvelles commandes enregistrées par les deux groupes constitue une nouvelle illustration de l'impact de la crise financière sur la demande dans le secteur en Europe, leur premier débouché. Chez Scania, cette baisse atteint 69% sur un an; quant à Volvo, il explique avoir enregistré ces trois derniers mois presque autant d'annulations que de nouvelles commandes.
Volvo, deuxième fabricant mondial de poids lourds, a dégagé sur le trimestre juillet-septembre un bénéfice imposable en baisse de 37%. (322,71 millions d'euros). Le carnet de commandes Volvo accuse une chute de 55% sur un an, après prise en compte des annulations. Au final, le groupe n'a enregistré que 115 nouvelles commandes nettes sur trois mois, ce qui porte son total à un peu plus de 42 000 unités.
Si Scania affiche en bénéfice net en hausse au 3e trimestre (255 millions d'euros contre 241 millions d'euros), le constructeur a subi une chute de 41% des commandes sur un an, et de 69% pour les seuls marchés d'Europe occidentale.

"On s'y attendait un peu mais nous n'étions pas capables de mesurer l'ampleur du ralentissement tant que nous ne disposions pas de ces chiffres", a commenté Carl Holmquist, analyste de Danske Bank."Volvo a été un peu plus lent que Scania a maîtriser son carnet de commandes, d'où le nombre important d'annulations. Le carnet de commandes de Scania s'effondre aussi mais ils semblent avoir mieux le contrôler qu'auparavant."
Des statistiques publiées vendredi par l'ACEA, l'Association des constructeurs européens d'automobiles, montrent que le marché européens des poids lourds a reculé de 4,8% en septembre, malgré deux jours ouvrables de plus que l'an dernier.
Volvo, qui commercialise ses camions sous sa marque mais aussi sous celles de Renault et Mack, attend désormais à ce que la croissance du marché européen cette année se situe entre zéro et 5%, contre environ 10% prévus jusqu'alors. Scania s'est montré tout aussi circonspect. "En raison de l'incertitude sur l'évolution de leurs conditions d'activité et du manque de liquidités, les clients européens deviennent de plus en plus prudents en matière de nouvelles commandes", explique le directeur général du groupe, Leif Ostling.