La phrase de trop : « Si c'était légal d'interdire les camions sur la N10, je le ferais » écrit Michel Boutant, sénateur et président socialiste du Conseil général de la Charente ...

C'est dans ces termes que Michel Boutant a écrit à François Burdeyron, préfet de la Charente. Objet de la correspondance, « proposer » au représentant de l'État de prendre un arrêté interdisant la circulation sur la RN 10 des « véhicules affectés aux transports de marchandises ». Autrement dit, plus du tout de camions sur la nationale 10.
Le préfet a répondu hier, sans laisser grand place à l'alternative. « Les interdictions générales et absolues de circuler, sauf cas majeurs, ne sont pas légales », assure François Burdeyron. Même s'il le voulait, il ne le pourrait pas. « L'arrêté serait attaqué ».
De plus, le préfet dit qu'il ne sait pas « faire le tri entre un poids lourd en transit, et celui qui va s'arrêter en Charente ». « Nous n'avons pas les moyens de le faire. Et puis, nous sommes un département industriel », souligne-t-il encore.
François Burdeyron évoque également le caractère faiblement accidentogène de cet axe routier. « Sur 34 accidents mortels en Charente en 2008, cinq ont eu lieu sur la RN 10 ». La Charente se situe ainsi au 47e rang national pour la dangerosité de ses routes nationales. Des chiffres qui, selon le préfet, « rapportent à la réalité de la situation ». Sans toutefois minimiser l'importance du dossier. « Il y a des risques, il faut les limiter », explique-t-il.
D'ailleurs, le projet de rendre payantes les routes nationales pour les camions fait partie des solutions envisagées. Il en sera sans doute question au sein du comité de pilotage que François Burdeyron souhaite créer, en compagnie des élus et responsables concernés par la nationale 10. « Si c'était légal d'interdire, je le ferais. Si nous avions les moyens de contrôler, je le ferais. Mais il passe 8 000 camions à Barbezieux tous les jours. Ce n'est pas une solution réaliste, aussi séduisante soit-elle », soupire le préfet. « Mais je partage le souci qui est exprimé », conclut-il.
Source : Sud Ouest