chaque semaine, l'édito signé par une personnalité du monde du Transport

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  Sauvons le Fret SNCF ! oui mais pour transporter quoi ?

Quand allons-nous en France - enfin - admettre que toutes les marchandises ne peuvent être transportées que par le rail ? Que le fret ferroviaire est, certes, une solution alternative à la route mais que sa part dans le transport ne peut être aussi importante que beaucoup souhaite. Un peu de bon sens. Et au lieu de « repenser intelligemment » son utilité et son mode de transport, on enfonce le clou. En 2003, un plan de sauvetage de 1,5 milliard d'euros s'était soldé par un échec. Dernièrement, la direction de la SNCF a reculé face à l'opposition des syndicats. Et la fin de l'année 2008 s'annonce pour le moins difficile. Le fret SNCF devrait perdre cette année 300 millions d'euros cette année. En un an, le trafic de marchandises de la SNCF a déjà baissé de plus de 8 %. Le transport des automobiles, qui représente la moitié du chiffre d'affaires de la branche, est en chute libre. Les constructeurs mettent leurs salariés au chômage technique. De même, la semaine dernière, la fermeture par Arcelor-Mittal de trois hauts-fourneaux prive la SNCF de trois trains par jour. Pour ne rien arranger, le statut de cheminot freine toute réforme. Dernièrement, la direction du Fret SNCF écrivait que ce « statut serait responsable de l'écart de productivité - qu'il chiffre à 34 % - entre conducteurs de trains de la SNCF et conducteurs du privé ». Autre frein à la réforme : la concurrence qui pénalise le Fret SNCF. Le groupe public n'a pas les moyens de concurrencer des entreprises privées qui emploient une main-d'œuvre moins chère. Aujourd'hui, sept entreprises autres que la SNCF font rouler des trains et représentent environ 8% du marché du fret. Pas de chance non plus. Le fret ferroviaire, ouvert en France depuis 2006, est désormais dans le collimateur des autorités de la concurrence qui aimeraient savoir si la SNCF profite de sa position dominante pour gêner ses concurrents comme ce fut, par exemple, le cas dans le secteur des télécoms. Une enquête a été ouverte. Enfin, sérieusement, est-ce raisonnable de vouloir transporter tout ce qui constitue un plat de fruit de mer de Bretagne à Paris par le train ? Attribuons une fois pour toute le mode de transport adéquate à chaque marchandise ... Certaines matières premières par le fluvial, les denrées périssables par la route, les automobiles par le train par exemple. Et au lieu de pénaliser le transport routier à coup de « taxes », apportons-lui des aides financières pour le réorganiser, mieux le répartir.



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