L'OVI prévoit une croissance de 3,7% des ventes de véhicules industriels en 2008
L'Observatoire du véhicule industriel (OVI) de BNP Paribas prévoit une croissance de 3,7% des ventes de véhicules industriels en 2008 en France, compte tenu des commandes déjà engrangées, mais estime que les perspectives pour 2009 comportent un risque de retournement.
Dans son enquête semestrielle publiée hier mardi, l'OVI table sur des immatriculations de 54.500 véhicules industriels de plus de 5 tonnes en 2008, contre 52.542 en 2007. La moyenne sur dix ans se situe un peu en-dessous de 51.000 immatriculations.
"Aujourd'hui, tout va bien, et avec un peu de chance, tout devrait bien aller jusqu'à la fin de l'année", a commenté devant la presse Jean-Michel Mercier, directeur de l'OVI. Sur les cinq premiers mois de l'année, les immatriculations sont en hausse de près de 27% (25.655 unités), soit une tendance annuelle qui amènerait à 58.000 unités. Mais le transport de marchandises, l'un des deux piliers des ventes de véhicules industriels avec le BTP, est touché par la flambée du prix du carburant et pâtit d'une activité en ralentissement.
Dans ce contexte, l'enquête de l'OVI montre que "la crainte est très forte dans la distribution, voire chez certains constructeurs, de devoir subir en fin d'année des défections sur des commandes qui avaient été faites", a expliqué le directeur de l'OVI. Ces défections pourraient être dues à des faillites d'entreprise ou à des reports de la prise du matériel commandé chez certains transporteurs.
Le seul segment qui "garde de très bonnes perspectives" est celui des véhicules utilitaires légers, grâce notamment au développement de la livraison express et de la messagerie, lié à l'essor du commerce en ligne.
Mais "dans tous les autres domaines, les perspectives sont en train de se retourner", a dit M. Mercier. "On voit bien que le retournement est attendu et craint", a-t-il ajouté. Les distributeurs envisagent ainsi une chute de 12% des commandes de véhicules industriels neufs en 2009, plus accentuée au second semestre qu'au premier où la baisse est estimée à 8%. Mais ce recul ne devrait se répercuter qu'en 2009, compte tenu des délais de livraison encore élevés (six mois).