Les transports routiers de la Réunion réclament un plan d'urgence ... pour être à égalité avec la métropole !

Une solution à la situation difficile des transporteurs de marchandises et de voyageurs ainsi qu’aux exploitants de taxis : c’est ce que demandent les membres du syndicat des transitaires de La Réunion. Avec un baril de pétrole qui a dépassé hier la barre symbolique des 145 dollars, ces derniers craignent, en effet, pour l’avenir de leur profession.
Pour Hervé Marodon, le président du syndicat des transitaires de La Réunion, le cours actuel du pétrole laisse envisager une envolée du prix des carburants sur l’île, lors de la prochaine révision trimestrielle, le 1er août prochain. “Le litre de gazole a pris 18,57 % depuis mai 2007. L’augmentation s’est accélérée de janvier à mai 2008, avec une hausse de 11 % en seulement 4 mois. Qu’en sera-t-il le 1er août prochain ? Nous aurons droit à un gazole qui coûte 1,50 euro ?,” demande Hervé Marodon. Des perspectives d’autant plus inquiétantes que la part du carburant dans les coûts d’exploitation d’un véhicule de transport est en moyenne de 30 %. Pour ne rien arranger, les difficultés de circulation, qui caractérisent l’île, augmentent les coûts salariaux et la consommation de carburant. “Nous ne pouvons pas répercuter le prix de la hausse des hydrocarbures dans nos prestations, sans risquer de perdre nos clients”, précise Franck Doki-Thonon le responsable de la commission transport de la STR.
Afin de faire face à ces difficultés, les professionnels réclament la mise en place d’un plan d’urgence en faveur du transport routier à La Réunion. Ce dernier comporterait quatre mesures simples et qui seraient réalisables sur le plan économique dès le 1er juillet. Première action : récupérer la T.S.C (taxe sur le carburant) à hauteur de 0,03615 euro par litre de gazole. Une mesure similaire à ce qui existe en métropole avec la T.I.P.P. “L’application de ce dispositif aurait pour effet de corriger une inégalité de traitement entre les transporteurs locaux et les métropolitains”, explique Hervé Marodon.
Autre réforme réclamée par le syndicat : l’instauration d’un allégement de 0,20 euro par litre de gasoil pour les véhicules de plus de 7,5 tonnes opérant la nuit, afin de fluidifier le trafic et de permettre aux entreprises d’améliorer leur productivité. Outre cet allégement, les transporteurs demandent une aide 0,15 euro par litre pour l’ensemble des véhicules de transports de marchandises de plus de 7,5 tonnes. Enfin, dernière demande : un plafonnement de l’octroi de mer. “En 2007, ce sont plus de 244 millions d’euros qui ont été récupérés grâce à cette taxe. La hausse du prix des carburants permet d’ailleurs à la Région de dégager des recettes supplémentaires chaque année.”
Ces différentes propositions ont été regroupées dans un rapport, remis hier à René-Paul Victoria. Le député a promis qu’il interviendrait auprès de l’Etat français et de l’Europe afin de faire avancer ce dossier. Le STR donc a choisi la voie protocolaire plutôt qu’un blocage pur et simple des routes comme l’a fait la FNTR la semaine dernière. “Certains professionnels nous ont taxés de ‘bourgeois des transports’. Il faut pourtant que certains s’occupent des dossiers, pendant que d’autres sont dans la rue. Nos actions sont donc complémentaires et nous demandons à tous les transporteurs routiers de nous rejoindre,” explique Hervé Marodon. Au total, on estime que 1 400 entreprises et plus de 7 760 employés travaillent dans le domaine du transport.
Revue de presse : Clicanoo