Taxe poids lourds : les transporteurs bretons se sentent lésés

Publié le par herve.rebillon@free.fr

La future « écotaxe » sur le transport de marchandises constituerait une forme de péage sur les voies express bretonnes. C'est une conséquence du Grenelle de l'environnement. Le projet de loi de finances 2009 comporte une disposition qui fait déjà bondir les transporteurs et chefs d'entreprises bretonnes.

Une taxe, allant de 0,05 € à 0,30 € par kilomètre parcouru et par essieu serait appliquée à tous les véhicules de plus de 3,5 tonnes circulant sur le réseau routier national et départemental. Le projet de loi précise que les « voies concédées », autrement dit les autoroutes, ne seront pas touchées par cette écotaxe. Et c'est là que le bât blesse. Parce qu'en Bretagne, il n'y a pas d'autoroute !

« Chez nous, tout transport de marchandises, quelles que soient les routes, serait donc taxé, s'indigne Patrick Caré, délégué régional du Medef, ce qui affecterait gravement la compétitivité de nos entreprises contraintes d'inclure cette taxe dans leurs prix ». Une remise en cause de la gratuité des voies express que le patron des patrons bretons n'est pas prêt à accepter. « L'absence de péage n'est pas un privilège, mais une compensation accordée par le Plan routier breton pour limiter le handicap de notre situation géographique péninsulaire ».

L'écotaxe à l'essieu a été imaginée pour favoriser un transfert de trafic de la route vers le rail. « Un souci de protection de l'environnement que nous comprenons, assure Patrick Caré, le problème, c'est qu'en Bretagne, il n'y a pas d'alternative au transport routier ! Le fret ferroviaire ne peut par exemple pas prendre les marchandises en « température dirigée » des activités agroalimentaires ».


Avec cette éco-taxe, l'État espère une recette nette annuelle d'un milliard d'euros. Dont 150 millions apportés par les seules entreprises bretonnes de transport. Le Medef a déjà sorti sa calculette : « La contribution de la Bretagne serait de 15 % alors qu'elle ne pèse que 5 % dans le produit intérieur brut français. Une intensité fiscale trois fois supérieure à celle du reste du territoire ! » note Patrick Caré. Au nom des entreprises bretonnes, le Medef a demandé un rendez-vous à Matignon et alerte tous les parlementaires bretons sur les dangers d'une telle disposition fiscale. « Ce serait un très mauvais coup porté à l'économie bretonne » prévient Patrick Caré. Il attend sur ce sujet une mobilisation de tous les acteurs économiques et politiques. « Nous avons obtenu le TGV, il nous faut obtenir une exonération de taxe de nos voies express ».

 

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